Visite virtuelle et motion blur

Avec une photographie 360, l’image est souvent nette. Avec une focale très courte, la profondeur de champs est grande. En étant sur l’hyperfocale, tous les objets sont nets, le flou de profondeur de champ est donc inexistant. L’image qui sert au panorama 360 est nette dans tous ses points.

Le player de panoramas 360 / visites virtuelles se charge de transformer cette image nette, et l’image calculée est aussi nette que l’image source ( au facteur de grandissement prêt ). Ainsi, lorsque l’on fait une rotation dans le panorama, que l’on tourne 1, 10 ou 50 degrés par seconde, l’image affichée sera toujours nette.

Voyons comment cela se passe lorsque l’on fait une rotation dans le domaine de la vidéo et du cinéma. On a une fréquence pour le nombre d’images par seconde enregistrée, typiquement 24 images / seconde au cinéma et 25 images / seconde en vidéo en Europe. Cette fréquence est à rapprocher de celle du nombre d’images calculées par l’ordinateur, dans le sens où c’est à cette à fréquence que l’image va se rafraichir sur l’ordinateur ou de télévision ( je fais abstraction de la notion de progressif / entrelacée pour plus de simplicité ).

Lorsque l’on filme avec une caméra, on a un autre facteur lié au temps qui est important, c’est le temps d’obturation. Sur une caméra de cinéma, on règle le temps d’obturation avec un obturateur a disque mobile. La caméra capture 24 images par seconde, mais comme le film doit avancer entre chaque vue, le temps d’obturation n’est pas d’1/24ème de seconde. Il est typiquement divisé par deux : 1/48ème pour le temps d’obturation et 1/48ème pour faire avancer le film. Voir Obturateur à disque mobile sur Wikipédia pour voir une graphique animé. Ce temps d’obturation existe en photographie, mais pour des photos panoramiques, en étant sur un trépied, ce paramètre influe peu dans l’image capturée : être au 1/50 ème ou au 1/1000 ème de seconde ne modifie pas le piqué de l’image.

Dès lors que l’on bouge la caméra pour faire une rotation comme on le fait dans notre visite virtuelle, le temps d’obturation change complètement la netteté de l’image. Si on a un temps d’obturation long (1/48 ème), on aura un effet de flou cinétique, si on a un temps d’obturation court ( 1/1000 ème par exemple ), on aura une image beaucoup plus nette.

A votre avis, est-il mieux d’avoir une image nette ou une image avec un flou de cinétique ?

Eh bien … disons que nous sommes habitués à une image floue !! Les films utilisent très rarement des temps d’obturation très court. L’effet de flou fluidifie les transitions d’une image à une autre … Et nous, spectateurs, sommes habitués à ces flous !

Voici une vidéo, simulant un temps d’obturation très court, court et long.

Cette vidéo a été réalisée avec Trapcode Horizon pour simuler le résultat d’une caméra effectuant un panning.

La compression de Youtube n’aidant pas vraiment à voir bien la différence, les images ci-dessus sont peut-être plus parlantes.

Mais alors, pourquoi n’intégrons nous pas cela dans les viewers de panorama ? C’est vrai à près tout, au cinéma on ne se plaint jamais d’un problème de fluidité alors qu’on est a 24 img / s, alors qu’avec une visite virtuelle, on peut être à 60 img / s et quand même entendre c’est pas très fluide quand même ou ça rame.

La réponse, c’est que s’il est rapide de calculer une image nette, il est bien plus long d’avoir une image floue ! Une image floue prend entre 10 à 100x plus de temps a calculer, selon le degré de flou. Ce temps de calcul serait impossible aujourd’hui sur Flash, mais comme Molehill et le support du GPU arrive bientôt sur Flash, j’imagine que cela sera possible prochainement ! Et ce serait, je pense, un grand pas en plus pour avoir une meilleure sensation de fluidité dans les visites virtuelles  !


Visite virtuelle piscine